NOV. 2012: CARNET DE ROUTE
CARNET DE ROUTE EXPEDITION BAO'BELLES 2
Ce carnet de route
pour vous faire partager au plus près
notre séjour et notre expédition ...
Quelques nouvelles de début de séjour…
Mardi 23 octobre 2012
Arrivée à Dakar
le 23 octobre dernier au petit matin.
Djiby m’attend, comme à l’habitude,
à l’aéroport.
Le passage en pirogue,de nuit,
pour regagner l’île de N’gor
( camp de base)
est toujours aussi pittoresque …
Réveillée par le chant des oiseaux,
la journée démarre avec un petit déjeuner
à la terrasse de la buvette
Keur Yaadikoone.
Le soleil se lève,
la chaleur est encore douce
et le bruit des vagues déjà ressourçant
qu’il est doux de se retrouver, là,
dans cette plénitude matinale.
Seule, Bineta s’affaire, sur la plage,
à la confection de beignets sucrés,salés.
Plus tard, les pirogues
glissent d’un crissement
sur le sable mouillé rincé par le ressac,
pour y débarquer
le flot de travailleurs journaliers
(maçons, ouvriers, cuisiniers, marchandes de colliers…)
Cette semaine, pas de touristes.
L’effervescence est
de l’autre côté de la mer,
pour la préparation de la tabaski :
achat de mouton, de pommes de terre,
de boubous et de chaussures...
pour la circonstance
et pour toute la famille.
C’est le noël sénégalais…
Pas de dinde ni de foie gras au menu
mais l’obligation d’acheter un mouton
quitte à s’endetter.
la tabaski, fête sacrée,
est aussi devenue
une véritable fête commerciale
et le mouton
un signe extérieur de richesse,
plus il est gros,
plus on est sensé avoir de moyens…
Les retrouvailles démonstratives
et chaleureuses avec les locaux
prennent très vite
l’allure du classique interrogatoire :
depuis quand ?
Alors,çà va?
et la famille?
sinon çà va?
bien dormi?
et le voyage? bien passé?
sinon?...
Des rencontres spontanées
s’apprivoisent à la moindre occasion:
c’est çà aussi la téranga.
Le jardin d’Alassane, notre hôte,
est luxuriant.
La saison des pluies
a reverdi le décor tropical
et embelli les plantes :
les ibiscus sont en fleurs,
les noix de coco murissent
et chutent régulièrement des branches,
les premières goyaves apparaissent,
les bananiers déroulent leurs feuilles majestueusement sur un tapis de coquillages joliment étalés en guise de gravier.
Sa passion des plantes,
Alassane sait nous la faire partager;
elle s’exprime par ses talents
de pépiniériste.
A midi,
le soleil cogne de plus en plus fort
et les bains sont presqu’incontournables.
Une première journée de détente
et de récupération à la sénégalaise;
les visites s’enchaînent à la maison,
pour saluer, pour se désaltérer
ou pour proposer des articles à la vente.
La soirée se passe
à initier Adiouma,
le responsable local de Baoback,
et son ami Elhage,
à l’utilisation de l’ordinateur portable
et l’usage d’internet,
conjointement à l’apprentissage
de la lecture les soirs suivants...
Mercredi 24 octobre 2012
Achat du matériel médical
pour la case de santé.
Djibi gentiment disponible,
m’accompagne jusqu’à la salle des ventes, sorte de marché de l’occasion…
un endroit un peu glauque et peu engageant dans des dédales sombres
d’un marché couvert,
de mobilier en tout genre
où il n’y a que des hommes
qui nous accostent, avec précipitation,
pour tenter de répondre à nos recherches. D’autres sont sur mes pas,
cinq ou six gaillards…
des fois que je me perdrais…
je ne suis pas rassurée
quand je pense au contenu en espèces
au fond de mon sac à dos…
Que ce soit devant ou derrière,
le stress passagèrement me tenaille…
Bref…
Quelques vieux lits médicaux
aux sommiers défoncés,
çà et là,
des fauteuils roulants
et surtout du mobilier d’une autre époque non conforme à ma recherche.
Après quelques heures d’errance
« au bon coin sénégalais »,
notre quête est vaine,
nous décidons d’en sortir
pour nous rendre chez Médical Partner,
une société spécialisée
en matériel médical
avec laquelle j’avais établi un contact
avant le départ
et qui m’avait déjà amorcée
quelques devis…
nous reprenons point par point
le dernier devis
et sélectionnons avec la commerciale,
la commande définitive
( 3 lits médicaux, un paravent,
un chariot de soins, une table de chevet,
un bassin, des urinaux,
un détecteur de diabète,
des bandelettes urinaires,
un pèse bébé, un pèse adulte,
des thermomètres…)
La commande est quasi complète
et livrée, normalement, à Baback
le 2 novembre,
jour de l’arrivée
de l’expédition Bao'Belles.
Il ne manque plus que des fauteuils
( chaises plastique de jardin)
pour agrémenter les chambres d’hospitalisation, de consultations
et salle d’accouchement
ainsi que des poubelles
achetées plus tard au marché du coin.
Jeudi 25 octobre 2012
La journée méritait
d’être tranquille et reposante…
un peu de farniente,
des bains et de longues discussions
avec Alassane et Djiby.
Juste un approvisionnement alimentaire m’oblige à quitter l’île en soirée
pour le « casino » du coin.
De l’autre côté,
les hommes baignaient leur mouton
dans l’océan, avant la fête.
Vendredi 26 octobre 2012:
jour de la tabaski
Je devais me rendre à Baback
pour y vivre la tabaski
mais, après réflexion,
les conditions m’ont paru difficiles: problème de transport et de coût,
de chaleur,
de bouchons car toute la population
regagne son village.
Adiouma est parti sur Baback vers 18h
et a dû arriver vers 4h du matin,
j’ai donc abdiqué…
Alassane m’a généreusement invitée
à partager la fête de la tabaski
en famille.
De la plage, le matin,
se distinguait, sur l’autre rive,
au village de N’gor,
une longue procession d’hommes, solennellement vêtus
de longs boubous blancs.
Une lignée d’enfants
les suivaient en masse.
La prière venait de s’achever
et l’imam venait d’égorger son mouton devant les fidèles,
avant qu’ils ne repartent, eux mêmes,
vers le village,
pour regagner leurs familles
et en faire autant.
Le mouton est donc égorgé,
saigné au sol
dans un trou creusé à cet effet,
dans les petites ruelles du village.
J’y ai rencontré un adulte
et un enfant d’une dizaine d’années,
venant de réaliser le sacrifice
et saignant le mouton dans le trou. L’enfant pressait le corps du mouton
pour en extraire le sang.
Ensuite,
le mouton regagne
le domicile du propriétaire
et c’est sur la terrasse ou dans la cour qu’il est découpé.
Scènes de vie troublantes …
C’est jour de fête,
les rituels s’inscrivent
et l’ambiance
traduit une certaine excitation.
je suis arrivée sur la terrasse d’Alassane, toute la famille était réunie,
les hommes autour de leurs moutons,
pour certains couchés au sol,
pour d’autres suspendus à des piliers… chacun y allait bon train,
découpant les pattes,
éviscérant l’animal,
prenant soin de libérer
chaque morceau précieux.
Les femmes, affublées de jolis boubous, étaient regroupées autour de la cuisine,
à éplucher les pommes de terre
ou surveiller la cuisson
de cette délicieuse sauce aux oignons.
Les enfants s’agitaient
d’une scène à l’autre,
entre les bassines
pleines de pattes et de beaux gigots
et celles débordantes d'abats.
Un vrai travail de boucher
d'une propreté remarquable.
Pas une mouche à traîner
et,bien sûr, pas de sang.
Les abats de l’animal sont triés :
le foie, les reins, le cœur seront grillés, les intestins et autres viscères
rincés à la mer
et cuits, plus tard,
pour agrémenter le couscous des lendemains.
Le barbecue est un immense tapis
de braise ardente
recouvert d’une large grille.
Les préposés à la grillade s’agitent.
Les côtes sont entassées
au dessus des charbons cuisants
et sont disposés dans de grands plats
mis à disposition des convives.
J’ai donc fait honneur à la famille
en partageant le repas :
foie grillé, cœur grillé puis côtes,
aux petits oignons …
Puis, j’ai repris mon chemin vers l’île
et j’ai trouvé Ibrahim sur ma route
qui me guettait
pour m’inviter à son tour chez lui…
même scène en petite dimension,
la famille étant plus restreinte…
Mais un accueil tout aussi chaleureux.
En attendant le bateau
pour retrouver l’île,
les enfants rinçaient les viscères
dans la mer
et abandonnaient sur la plage
ce qui ne les intéressait pas
en attendant que la marée balaie
cette nourriture peu habituelle
aux poissons.
Une belle journée,
de belles rencontres,
du soleil, de la vie,
de la joie et un beau rituel de partage…
Samedi 27 octobre 2012 : jour férié
Pas d’activité particulière,
les boutiques sont fermées…
la population reste en famille.
Bains, lecture
et programmation du déroulement
de la semaine prochaine
avec les Bao'Belles
sont les principales activités
de la journée.
Déjeuner autour d’un plat local
avec Alassane
et les représentantes
de l’association belge «Couleurs Sénégal». Echanges et points de vue intéressants.
Dimanche 28 octobre 2012
journée à Diamniadio
dans la famille de Nabou.
Retrouvailles chaleureuses
autour d'un thieboudiène.
Plus tard,
j'ai rejoint notre ami Elhage,
dans sa famille à Sébicoutan,
à 7kms de là,
et visité le chantier de sa maison
qu’il construit chaque week end
avec persévérance…
une belle leçon de courage,
de patience et d’espoir…
Lundi 29 octobre 2012
Journée éprouvante mais combien fructueuse.
Moussa, un des tailleurs locaux, m’accompagne pour l’achat
de machines à coudre pour l’atelier couture prévu avec les femmes de Baback.
Départ de l’île à 11h,retour à 19h…
Direction centre ville
quartiers Médina puis Sandaga,
Marché Tilène puis N’gor village.
La première halte se fait
dans un atelier de machines à coudre
et le commerçant m’invite
à prendre place sur la chaise,
en me précisant qu’il revient de suite.
Je suis donc postée là
pendant plus de ¾ d’heure,
parmi ces carcasses de machines
d’un autre temps,
me demandant si, réellement,
j'allais y trouver mon bonheur…
son fils me tient compagnie,
il est en classe de 3ème
et lorsque je lui demande
ce qu’il veut faire plus tard,
il me répond « Banquier »;
Je lui demande pourquoi?
« pour gagner de l’argent »,
je lui précise pourtant
qu'il ne va pas fabriquer les billets…
il me regarde avec étonnement
et me rajoute
« alors banquier ou ingénieur ».
Quelle représentation du métier
avait-il ce jeune ado ?...
Quelle conception
de son avenir professionnel??
En tout cas,
j’ai compris
qu’il ne serait pas réparateur
de machines à coudre…
çà ne gagnait pas assez à ses yeux.
Notre échange devint brusquement frustrant pour lui comme pour moi...
Quoi dire entre Espoir et Réalité?
Je fais le choix de me taire,
de le laisser rêver...
je ne suis pas là pour asséner une vérité, il cheminera tout seul
avec ce qu'il est
et ce qu'il pourra devenir...
Sa présence silencieuse
m’offre alors le plaisir intense
d’observer les scènes de vie
avec délectation.
L’échoppe est ouverte sur la rue,
en face de vieilles tôles rouillées
posées verticalement
et quelques planches de bois
font office de maison
abritant une famille;
dans la cour sèche le linge
entre des débris de feraille
et des empilements de chaises plastique.
Une petite fille, joliment tressée,
et dans son apparat de fêtes,
sautille devant l’entrée;
elle alterne avec audace
quelques avancées sur le trottoir
puis se réfugie précitamment chez elle
comme pour défier la surveillance
d’un de ses parents.
D'autres enfants jouent dans la rue,
deux d’entre eux d’une dizaine d’années,
chevauchent une vieille voiture
à pédales en plastique;
ils jouent à se pousser,
chacun leur tour,
sur cette rue quelque peu passagère.
Un autre enfant plus jeune
surgit en roulant agilement
son pneu de voiture
de sa baguette en bois.
Au milieu de la voie,
un autre fait des va et vient
en zigzaguant,
d’un caniveau à l’autre,
sur son vélo trop petit,
bien qu’il ait redressé
le support de selle au maximum;
je me rends compte
qu’il n’a pas de selle…
la naîveté du jeu est amusante
et pourtant le danger bien réel.
c’est l’heure des éboueurs:
ils dégagent à trois,
de leurs longs balais de coco,
les canivaux encombrés
de gobelets de carton,
de plastique et papiers,
de canettes de coca…
des restants de fête,
du manque de poubelles publiques
ou de l'absence de civisme ?
Peut être un tout ?.
Enfin le commerçant arrive…
en taxi,
avec de gros cartons…
il me propose alors
2 machines à coudre neuves
à pédales et avec tables.
Après l’avis de Moussa,
et un temps de négociation :
marché conclus
en rajoutant une machine d’occasion « surfileuse ».
De là,
à la recherche d’une affiche
sur la courbe de croissance
du nouveau né à 3 ans,
nous nous dirigeons
vers la « Fnac » de dakar :
sans succès
sauf un livre local,très intéressant
pour l’expédition,
qui s’intitule
« là où il n’y a pas de docteur »…
sous entendu « système D dans la brousse ».
De là,
nous partons à Sandaga
où nous trouvons
des poubelles inox à pédales,
deux bassines,
un fer à repasser
fonctionnant au charbon de bois,
puis des chaises de jardin
pour les différentes salles
de la case de santé.
De retour vers l’île,
je m'arrête au dispensaire de N’gor
pour faire connaissance avec Adama,
Reponsable du matériel médical
et des médicaments,
pour mieux comprendre
leur système de gestion des stocks,
connaître leurs différents supports
de suivi de soins,
et savoir où se procurer
les affiches de prévention…
Adam me reçoit très chaleureusement,
m’accorde du temps,
m’offre différents supports;
fiche de stock, feuille de température…
que je m’empresse de photocopier
au cyber d’Alassane.
Je lui demande l’adresse
du ministère de la Santé
et les modalités d’accès.
Le projet de m’y accompagner
s’inscrit aussitôt pour les jours à venir.
Affaire à suivre…
Une belle journée, harassante
mais efficace…
qui s'achève
un « grignotis » avec Elhage.
Mardi 30 octobre 2012
Départ ce matin avec Moussa à 10H00, Direction marché Colobane
pour l’achat de 55 mètres de tissu
pour la fabrication des blouses scolaires.
Puis retour sur la médina
pour l’acquisition des machines à coudre après montage, réglage
et explications sur le fonctionnement.
De là nous rejoignons le marché Tilène …
Moussa me précède d’un pas hâtif,
il connaît parfaitement les lieux.
On s’enfonce entre les étals,
les odeurs se succèdent,
parfois un parfum agréable,
plus loin, des éfluves de poubelles,
puis de poisson séché
dressé à même les tables,
ailleurs des sacs de graines
de toute espèce
ou des senteurs d’épices …
enfin, on pénètre
dans les dédales sombres de couloirs
qui desservent toute sorte de boutiques . Nous arrivons sur les papeteries, achat de tickets pour les consultations,
de registres d’inscriptions,
de sachets individuels
pour délivrer les médicaments
rapportés, à l’unité.
Sur la route,
mon regard est soudain attiré
par un bêlement timide …
Un agnelet vient de naître…
Tout chaud sorti du ventre
de sa mère protectrice,
il tente de se hisser
sur ses quatre pattes encore fragile;
son corps est encore enduit
du liquide placentaire
et le cordon ombilical
pend sous son bas ventre…
Une jolie scène très touchante…
par cette douceur animale,
en plein cœur de la ville…
la maman lèche son petit
et le protège du mieux le long du mur…
le temps de quelques photos...
Notre périple continu…
je quitte Moussa pour le quartier Ouakam, direction « l’imprimerie »
où j’ai prévu de retrouver Adama,
du dispensaire de N’gor.
Je passe commande d’un tampon officiel
et de ticket de consultation
pour pansements.
Avec les locaux,
nous avons décidé de fixer la consultation à 50 FCFA soit o,15euros symbolique,
pour une participation
de la population de Baback.
Une création d’un comité de gestion
est envisagée sur place,
au village de Baback,
pour contrôler
le matériel médical ramené
par les Bao’Belles
et l’équipement en soins
acheté par l’association.
L’idée est de responsabiliser
les partenaires
pour une implication plus grande…
...Ramener c’est bien
mais confirmer la bonne destination
et l’utilisation adéquate, c’est mieux…
L’idée fait son chemin
et sera proposée
dès notre arrivée à Baback.
Puis nous prenons la route
du Ministère de la santé,
avec AKO, un ancien adjoint de Dakar, présenté par Adama,
et largement impliqué
dans la prévention sanitaire
sur le territoire.
Ako est lui aussi fort sympathique
et offre gentiment de son temps
pour me donner beaucoup d’informations
et de tuyaux administratifs…
Il me présente
au Centre de la lutte universelle
contre le paludisme,
au médecin responsable,
très intéressé par nos actions d’hygiène
et de prévention sur baback.
Une rencontre
avec le chef de cabinet du Ministre
semble possible…
Nous attendons 1h30
mais elle est en réunion…
On nous propose d’attendre,
peut être jusqu’à 19h…
j’abdique
et prendrais rendez vous plus tard…
Enfin,
je rentre sur N’gor...
où je récupère des sacs de riz vides
dans les boutiques,
pour en faire des tabliers,
avec les femmes de Baback...
Epuisée de ma longue virée,
je n’ai pas déjeuné…
juste grignotée
un petit paquet de Biskrem,
les gateaux secs d’ici,
dans la salle d’attente
du chef de cabinet…
le malaise hypo n’était pas loin !!!
Que de scènes insolites
et de riches rencontres…
la disponibilité des uns,
la gentillesse des autres
et cette facilité d’accès
me surprendront toujours…
Une bonne douche en rentrant
et un sandwich Keuryaadikoone
sont bienvenue,
avant de repartir à l’aéroport
pour chercher la première Bao’belle…
Mercredi 31 octobre 2012
Après une bonne nuit réparatrice,
Catherine découvre, avec émerveillement,
le jardin d’Alassane .
Puis un petit déjeuner
à la buvette,en terrasse,
lui permet de mieux comprendre l’environnement et de commencer les présentations avec les locaux.
Nous décidons, ensuite,
de nous rendre au centre d’information
et d’éducation pour la santé à Grand Yoff
pour nous procurer quelques posters
de prévention pour la case de santé.
Le repas du midi se déroule chez Seck :
brochettes de lotte
et crevettes sautées à l’ail
sont au menu.
Il faut bien s’offrir
quelques réjouissances
avant les frustrations à venir…
Quelques colliers achetés
avec Madame Bin bin,
une de ces marchandes typiques de l’île portant fièrement sur sa tête une vannerie remplie de trésors de perles
qu’elle a confectionnés…
Puis Maman Awa nous soumet
à l’achat d’un ananas
et d’un régime de bananes
comme à son habitude.
En soirée,
nous repartons au ravitaillement
pour les 5 jours d’expédition à venir (pâtes, riz, pâtés en boîte, maïs, thon,
bougies…
et quelques produits indispensables
à la case de santé
( sopalin pour les pansements,
eau de javel en cas de rupture de dakin, liquide vaisselle
pour les instruments médicaux, éponges…)
Tout est prêt…
Les deux autres Bao’Belles
sont arrivées ce soir…
L'équipe est au grand complet...
Après un repos de 24h,
le départ de l’expédition
est fixé à vendredi à 6h…
Jeudi 1er novembre 2012
Le soleil à travers la moustiquaire
de la fenêtre brille déjà
très haut et très fort…
il est plus de 9h30 …
les Bao’Belles dorment encore,
elles avaient besoin de récupérer
de cette arrivée tardive…
Le petit déjeuner à la buvette s’impose pour permettre à Isabelle de comprendre notre camp de base…
les présentations vont bon train
avec les connaissances
que nous croisons
sur le chemin qui mène à la mer …
Econ, Seydina, Pape, Cilla,
Elhage, Bineta, Fifi…
tout le monde veut saluer
les dernières arrivées…
Un bon bain nous met en forme
avant le départ vers le marché malien...
où colliers, bracelets,chapeaux,
karité, churaï,
instruments de musique,
s'entassent sur les étals multicolores
aux mille odeurs
qui, très vite,
nous réjouissent
et remplissent progressivement
nos sacs à dos.
Sur le périple ,
Aziz, notre charmant chauffeur,
a bien compris nos centres d'intérêts...
Il nous arrête,d'abord,
au pied du monument de la renaissance, puis,nous conduit à la grande mosquée,
face à la mer.
Nous circulons, enfin,
sur la route de la corniche,
nous exposant la côte rocheuse
et l’océan bleu turquoise.
Plus loin, la route sinueuse
longe les demeures des ministres
et, au large, l’île de Gorée,
la belle,
s’érige sur son ilôt rocheux
et se précise
au fur et à mesure que nous avançons.
Pour rejoindre la gare ferroviaire,
tout près du marché malien.
Nous rentrons direct
vers la 2ème plage...
il est déjà 14h30…
Nous nous installons
sous les parasols rouillés,
en skaï cuit par le soleil,
et nous y dégustons de la dorade,
et des crevettes,
préparés par Aram,
la maman de Mamie Binette
que nous suivons depuis sa naissance…
Mamie binette est,aujourd’hui,âgée de 2ans et passe ses journées au bord de l’eau.
Elle joue dans l'eau
avec un petit garçon de son âge.
Son visage est granulé de sable
et son nez coule en permanence...
...dans quelques années,
elle assistera sa maman
dans la préparation des frites
et des brochettes de lotte...
Plus tard,
nous repassons de l’autre côté de la mer pour le village de N’gor,
en improvisant
une visite guidée du dispensaire.
Des jumeaux viennent de naître,
les parents nous saluent
le temps de quelques photos…
Le papa est à la fois
très fier et très ému
de nous présenter ses petits.
La maman est soulagée
mais les traits de son visage
souligne une grande fatigue.
Dans moins de deux heures,
ils repartiront avec leurs petits
et le quotidien redémarrera ...
Nous visitons la salle de repos :
la sage femme est mi allongée
sur un lit d’hospitalisation,
en compagnie de la pharmacienne
et d’une étudiante ;
elles discutent tout en regardant la télé.
Dans la salle de soins avoisinante,
les principes de décontamination
sont largement affichés :
Nettoyage- Rinçage-
Séchage et Stérilisation.
Une sonde urinaire et quelques pinces trempent dans une bassine un peu trouble de décontamination.
L’usage unique n’est pas envisageable…
Dans les ruelles de N’gor,
nous croisons le charbonnier...
caché derrière un enclos de sorgho,
il veille à son tas de charbon
assis au pied d’un baobab…
le charbon souvent utilisé
pour faire brûler le churai…
ou faire quelques grillades.
Un détour chez Salimata
pour acheter du tissu s’impose…
Elle nous accueille bien chaleureusement et demande des nouvelles de la famille…
le tissu pour les poches
des blouses scolaires,
pour la confection de tabliers de cuisine et pour usage personnel
remplissent nos sacs.
Pour quelques vêtements
à confectionner sur place,
nous retrouvons
notre charmant tailleur, Ibou,
qui vient de passé des moments périlleux et des nuits sans sommeil
pour la confection de boubous neufs
pour la tabaski ...
Le retour sur l’île nous offre
un bon poulet yassa concocté par Adama
et partagé avec Elhage.
Il estl’heure de préparer les bagages
pour un départ matinal demain.
Devant un problème de connexion internet ,
je n’ai malheureusement pas pu satisfaire
la suite du « Carnet de Route »…
Suite de l’épopée :
Les notes ont été prises
tout au long du séjour
et je vous transmet
la suite de notre périple
sur une nouvelle page
"Carnet de Route Baback"
Bonne lecture
Sénégalaisement
Gwenaëlle

