LA SANTÉ AU SÉNÉGAL ...
LA SANTE AU SENEGAL
( statistiques OMS 2009- 2010)
La France compte 62 787 millions d’habitants,
Age médian : 40 ans,
Les moins de 15 ans représentent 18% de la population,
et les plus de 60 ans : 23%.
85% de la population vit en milieu urbain,
Le taux de croissance annuelle est de 0,6%,
Taux de natalité brut: 12,6 pour 1000.
Le Sénégal compte 12 534 millions d’habitants,
âge médian est de 14 ans,
On compte 44% de moins de 15 ans et 4% de plus de 60 ans.
Le taux de croissance est de 2,7%
et 42 % de la population vit en zone urbaine.
Taux de natalité brut : 37,4 pour 1000.
Si l’espérance de vie en France est en moyenne de 81 ans,
soit de 78 ans pour l’homme
et de 85 ans pour la femme,
au Sénégal,
l’espérance de vie est en moyenne de 62 ans,
soit 60 ans pour l’homme et 64 pour la femme.
Le taux de mortinatalité
( Rapport entre le nombre d'enfants mort-nés
et le nombre de naissances pendant un temps donné)
est de 34 pour 1000
contre 4 pour 1000 en France.
Le taux de mortalité néonatale
est de 27 pour 1000
contre 2 pour 1000 en France.
Le taux de mortalité du nourrisson
(avant l’âge d’1 an)
est de 50 pour 1000
contre 3 pour 1000 en France.
Le taux de mortalité chez l’enfant de moins de 5 ans
est de 75 pour 1000
contre 4 pour 1000 en France.
Les causes de décès du nourrisson sont:
les pneumopathies,
le paludisme,
la prématurité,
l’asphyxie à la naissance,
la diarrhée ou autres pathologies.
20,1% de ces enfants connaissent un retard de croissance.
50 % des enfants de moins de 5 ans
dorment sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide.
Le taux de mortalité chez l’adulte entre 15 et 60 ans
est de 226 pour 1000 chez l’homme
en France : 117 pour 1000
et de 218 pour 1000 chez la femme
en France 54 pour 1000.
Infrastructures sanitaires
Le Sénégal compte 65 districts sanitaires,
1014 postes de santé,
75 centres de santé dont
18 offrant des Soins obstétricaux et néonataux d’Urgence complets (SONUC),
et 22 hôpitaux
dont 2 centres hospitaliers universitaires (CHU).
A cela s’ajoutent,
des maternités rurales (476)
et un important réseau de cases de santé (2270)
qui permettent de rapprocher les services des populations
et constituent une plaque tournante
des interventions communautaires.
Le secteur privé joue aussi un rôle important
dans le dispositif de santé.
Le profil épidémiologique du Sénégal
est largement dominé
par les maladies infectieuses et parasitaires.
Le poids persistant des maladies transmissibles,
et l’importance de plus en plus accrue
des maladies non transmissibles,
contribuent à une forte morbidité et mortalité.
La morbidité et la mortalité maternelle
restent encore très importantes.
Maladies transmissibles :
Paludisme, VIH/Sida, Tuberculose
Le Sénégal accorde une priorité à la lutte
contre le paludisme,le VIH et la tuberculose.
VIH/sida :
une épidémie de type concentré
La prévalence du VIH estimée à 0,7% dans la population générale,
est une des plus faibles en Afrique subsaharienne.
Ce niveau de prévalence cache d’importantes disparités
dans toute l’Afrique.
Paludisme :
une prévalence en baisse
La morbidité proportionnelle palustre est globalement en baisse,
passant de 35,57 % en 2001,
à 32,39% en 2005, et 22, 7% en 2007.
La mortalité proportionnelle est passée de 29,72% en 2001,
à 23% en 2005, et 18, 12% en 2007.
Quant à la létalité hospitalière,
( proportion de cas fatals liés à une maladie ou à une condition particulière, par rapport au nombre total de cas atteints ),
Elle est passée de 6,20% en 2006,
à 3,34% en 2007.
Le traitement des cas de paludisme simple
fait appel depuis 2006, aux Combinaisons
thérapeutiques à base de dérivés d’Artémisinine (CTA),
disponibles dans toutes les structures de soins,
de l’hôpital à la case de santé.
Tuberculose :
tendance stationnaire et apparition de multi résistance
Le taux d’incidence de la tuberculose, au Sénégal,
est estimé à 110/100000 habitants
Maladies évitables par la vaccination,
et les autres Maladies à potentiel épidémique
- Dans le cadre de l’initiative d’éradication de la poliomyélite,
le dernier cas confirmé de polio remonte à 1998 ;
- La rougeole est en voie d’élimination depuis 2004;
De 20.000 cas par an environ,
avec 1000 décès, le nombre de cas a considérablement baissé,
avec 31 cas confirmés,en 2004
et moins de 10 cas confirmés par an, depuis 2005 ;
- Les progrès vers l’élimination du tétanos maternel et néo natal semblent plus lents ;
il existe encore en 2008, une dizaine de districts à haut risque
où des campagnes de vaccination sont menées ;
- Avec l’adoption de nouveaux vaccins,
le Sénégal a introduit les vaccins
contre l’hépatite B et les infections à Hémophilus Influenzae B
en 2004 et 2005.
La surveillance sentinelle des méningites pédiatriques
montre une baisse du nombre de cas de méningites
chez les enfants de moins de 5 ans,
passant de 59 cas en 2004, à 8 cas en 2007.
Les maladies à potentiel épidémique
font partie des maladies ciblées
par la surveillance épidémiologique intégrée.
Elles constituent également une préoccupation
et se présentent comme suit :
Choléra :
une maladie en recrudescence
Le choléra connaît depuis 2004,
une recrudescence avec une évolution endémique.
En 2007,
les notifications ont atteint le chiffre de 4391 cas avec 16 décès,
La zone la plus touchée est Touba, site de pèlerinage
avec un afflux massif de populations,
qui constitue l’épicentre de la maladie avec 84% des cas.
Le problème est essentiellement lié au système d’assainissement, inadéquat ou inexistant,
et d’approvisionnement en eau potable.
La multiplicité des déterminants requiert
une approche multisectorielle
pour asseoir une stratégie de lutte durable
pour éliminer le cholera.
Shigelloses:
En 2007,
il a été notifié une épidémie de diarrhées sanglantes,
concentrée en grande partie dans les régions de Fatick,
Diourbel et Louga,
avec 1612 cas, n’ayant pas bénéficié
d’investigation de laboratoire.
Le système de surveillance des maladies à potentiel épidémique, souffre de la faible capacité diagnostique
des laboratoires périphériques
pour la confirmation des diarrhées sanglantes.
Méningite Cérébrospinale:
Depuis 1998,
le Sénégal n’a pas connu d’épidémie de méningite.
Néanmoins, pour l’année 2007,
dans le cas de la surveillance,
sur un total de 117 cas suspects notifiés,
seuls 7 ont fait l’objet de ponction lombaire
pour diagnostic de laboratoire
(2 méningites à pneumo
et 5 à méningo W135).
La surveillance de la méningite cérébrospinale
connaît des insuffisances notoires
en ce qui concerne le diagnostic de laboratoire
pour la confirmation des cas suspects de méningite,
au niveau des régions et districts.
Fièvre jaune
Le Sénégal est un pays à risque pour la fièvre jaune
du fait notamment,
des conditions écologiques et climatologiques favorables
à la pullulation des moustiques vecteurs
dont le principal est Aèdes aegypti.
Des épidémies de fièvre jaune
ont été périodiquement enregistrées
dans la zone centre du pays (régions de Diourbel et de Kaolack).
Celle de 2002 a été de type urbain,
avec 66 cas notifiés dont 12 décès confirmés biologiquement.
Le Sénégal a organisé, avec l’appui de l’OMS,
des campagnes de vaccination de masse
de riposte et préventive
dans 41 districts, entre 2002 et 2006,
avec parallèlement, unrenforcement du PEV
( plan de vaccinnation) de routine
(en 2007 : 71% des districts ont une couverture vaccinale
de routine d’au moins 80%).
Le groupe des Maladies tropicales négligées
comprend l’onchocercose,
la filariose lymphatique,
les schistosomiases,
les géohelminthiases,
le trachome
ainsi que la lèpre et le ver de Guinée
qui sont en voie d’élimination.
La lutte contre les affections du groupe des Maladies tropicales négligées (MTN) a été menée essentiellement,
par une approche individuelle et non intégrée,
ne permettant pas de toucher une grande partie de la population avec pour conséquence,
un impact faible sur le poids de ces maladies en santé publique.
Ces maladies touchent le plus souvent
les populations pauvres
vivant dans des conditions précaires
d’hygiène et d’alimentation en eau.
Au cours de leur évolution,
elles sont à l’origine de lésions défigurantes et débilitantes.
L’onchocercose et la filariose lymphatique
L’onchocercose qui sévissait dans le sud est du Sénégal
sur 18% du territoire national,
n’est plus ni un problème de santé publique
ni un obstacle au développement
grâce aux actions qui ont été menées,
de 1986 à 2002.
Il persiste cependant, dans la zone d’onchocercose,
des personnes porteuses du parasite qui,
avec la présence permanente du vecteur dans les 2 bassins fluviaux, constituent une menace
pour la reprise de la transmission de la maladie.
Ainsi, les résultats de la dernière évaluation épidémiologique
de 2007 ont permis de trouver 2 personnes âgées
de plus de 15 ans porteuses du parasite
parmi 4295 personnes examinées
dans les 28 villages ciblés,
soit un taux de prévalence de 0,05%.
Concernant la filariose lymphatique,
une enquête a été effectuée en 2003,
avec l’appui technique et financier de l’OMS.
Elle a permis d’identifier les zones d’endémie
qui s’étendent sur 33 districts parmi les 65
que compte le Sénégal.
Il reste cependant,
15 autres districts à explorer
pour achever la cartographie de cette endémie
pour laquelle le Sénégal s’engage à l’élimination
selon les différentes résolutions de l’Assemblée mondiale
et des Comités Régionaux de l’OMS.
Le grand défi sera l’élimination de ces maladies
dans une approche intégrée offerte
par la nouvelle approche de lutte contre les MTN
au cours de la prochaine décennie.
Les schistosomiases et les géohelminthiases
Une enquête nationale a permis d’identifier
que 10 Régions parmi les 11 sont endémiques
avec la schistosomiase urinaire,
alors que seulement deux sont endémiques
par la schistosomiase intestinale.
Les cas confirmés de fièvre jaune
sont ainsi devenus rares, depuis 2002 :
66 cas confirmés en 2002,
0 cas en 2003,
1 cas en 2004,
7 cas en 2005,
1 cas en 2006,
et 0 cas en 2007.
Depuis 2003, dans le cadre des Journées de Survie
de l’Enfant et des Journées nationales
de supplémentation en Micronutriments (JNM),
des actions de lutte contre les géohelminthiases
sont menées au profit des enfants de 1 à 5 ans,
lors de distribution de masse de mébendazole
à leur profit.
Ces actions seront consolidées et progressivement étendues
aux enfants d’âge scolaire sur l’ensemble du territoire national.
La cécité :
Avec une population aveugle estimée
à plus de 150 000 individus et 450 000 malvoyants,
la cécité est un problème de santé au Sénégal.
La cataracte et le glaucome,
en plus du trachome,
sont les principales causes de cécité ;
mais les cécités de l’enfant et les vices de réfraction
demeurent préoccupants,
surtout en milieu scolaire où plus de 150 000 élèves
auraient besoin de correction optique.
Par ailleurs,
les cécités liées aux maladies chroniques
(diabète, hypertension artérielle)
tendent à augmenter.
Outre les facteurs environnementaux et comportementaux,
le déterminant essentiel à cette forte prévalence de la cécité
est la mauvaise prise en charge des affections oculaires
provoquant la cécité, tant sur le plan curatif que préventif.
Longtemps suspendue à un niveau hospitalier,
l’offre en soins oculaires, est caractérisée
par des ressources humaines et des infrastructures insuffisantes, mal réparties et peu performantes.
La lutte contre la cécité engagée depuis les années 90,
a enregistré des progrès qui restent malgré tout insuffisants.
La lèpre et le ver de Guinée
Le seuil d’élimination de la lèpre de 1 pour 10000,
est atteint depuis une dizaine d’année
(il est aujourd’hui à 1 pour 25 000).
Il faut cependant noter chaque année,
l’apparition de nouveaux cas
et un probable éveil d’anciens foyers
où la transmission se fait même chez les enfants.
Il y a une tendance à l’urbanisation (banlieue de Dakar)
de l’endémie;
d’où le besoin de renforcer la détection
et la prise en charge précoce.
Concernant le ver de Guinée,
aucun cas n’a été enregistré depuis 1998.
La certification
de l’interruption de la transmission par l’OMS,
a été faite depuis mars 2004.
Il y a cependant,un réel besoin de renforcer
la surveillance épidémiologique,
surtout celle à base communautaire pour cette affection.
Ces deux maladies sont à des niveaux
où des efforts doivent être soutenus
non seulement pour la consolidation des acquis
mais aussi, pour l’élimination qui est à portée pour la lèpre
et l’éradication qui est possible pour le ver de Guinée.
Maladies chroniques non transmissibles d’une importance accrue
Le ministère de la santé accorde une attention accrue
aux maladies chroniques du fait
de leur importance et de leur prise en charge très coûteuse.
Parmi ces maladies figurent le diabète,
les cancers,
l’insuffisance rénale
et les maladies cardiovasculaires.
Par ailleurs, la santé mentale et la santé buccodentaire,
font également partie des priorités.
En l’absence d’enquête récente de prévalence,
les statistiques hospitalières montrent
une tendance alarmante à l’augmentation des maladies chroniques.
Ainsi, concernant le diabète,
au Centre Marc Sankalé,
le nombre de nouveaux cas est passé de 200 par an, en 1980,
à plus de 2000 par an, à partir de l’an 2000,
et ceci, en l’absence d’une politique
de dépistage systématique de la maladie.
Quant au cancer,
les rares données disponibles
remontent à 1969-1974
et n’intéressaient que les populations de la région du Cap-Vert.
Ces données font apparaître chez les hommes,
une prédominance des cancers du foie
suivis par les cancers cutanés,
et chez la femme,
les cancers du col utérin
suivis des cancers du sein.
EAU HYGIÈNE ET ASSAINISSEMENT
En 2005,
le taux de couverture en eau potable
est de 75% au plan national,
(65% en milieu rural et 90% en milieu urbain).
En ce qui concerne l’assainissement,
les taux sont de 33% au niveau national,
(17% en milieu rural et 57% en milieu urbain).
La persistance des taux élevés de morbidité et de mortalité
dus aux maladies diarrhéiques,
aux maladies respiratoires
et aux maladies tropicales négligées
ainsi que le nombre d’épidémies présumées
liées à des intoxications chimiques (pesticides ; plomb),
illustrent le non respect des règles d’hygiène de base compatibles avec une bonne santé,
et indiquent l’urgence de résorber le déficit
de couverture en assainissement
et la nécessité d’accorder une importance accrue
aux problèmes de santé liés à l’environnement.

