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Nov. 2017: CR Anaëlle

 

Vous trouverez ci dessous  le compte rendu d'Anaëlle,

Adhérente de l'Association Baoback

depuis plus d'un an.

 

J'ai rencontré Anaëlle, il y a, environ, 2 ans,

sur le Centre Hospitalier du Mans,

où je dispensais une formation .

 

Elle est infirmière en Unité de soins palliatifs.

Nous avons sympathisé,  et j'ai senti, très tôt,

son intérêt pour l'Association.

 

Sa discrétion, sa pertinence,

sa jeunesse et sa maturité ,

m'ont touchée.

C'est sa première expédition soignante à Baback,

elle nous en livre un joli et touchant récit.

Merci à toi

Gwenaëlle

 

 

 

Expédition soignante

Octobre/novembre 2017

 

"Je sors de l’avion et sens

cette chaleur africaine que j’aime tant.

 

Arrivée de nuit, j’ai hâte d’être le lendemain

pour admirer les beaux paysages,

les couleurs qui me manquent tant.

Je suis toute excitée.

 

Il y a douze ans,

mon tout premier voyage fut le Sénégal,

très vite conquise,

je me fis la promesse d’y revenir.

 

Revenir oui mais pour faire

de l’humanitaire cette fois,

pour aider ne serait-ce qu’un peu

cette population si accueillante.

 

Gwenaëlle, Patrice,

Jocelyne et Zale (notre chauffeur)

m’attendent à l’aéroport.

 

Ensuite,

direction la plage du village de N’gor

pour prendre la pirogue pour l’île du même nom.

J’adore,

je sens le frais de la nuit et de la mer

me parcourir. 

 

Départ le lendemain matin pour Baback.

J’ai hâte !

 

Nous faisons plusieurs arrêts

pour acheter nos provisions.

Je comprends alors toute l’organisation

d’une telle expédition.

 

Petit à petit,

j’apprends à connaitre

mes quatre compagnons de voyage.

Ces grands bavards (!)

m’apprennent des choses fascinantes.

Je me sens bien parmi eux,

j’ai le sentiment d’être à ma place.

Même si, bien sûr,

mes premiers pas à Baback sont hésitants

alors que, pour eux, c’est devenu instinctif.

 

Vous n’imaginez pas toute la réflexion

que j’ai eue pour simplement faire la vaisselle

ou prendre ma douche !

Je me sens un peu empotée

mais j’ai envie, tellement envie d’apprendre,

comprendre et participer.

 

Immersion totale dans un village

reculé en brousse.

Le vert, le marron me submerge.

Tous ces visages qui me regardent.

Oh des blancs !

Certains n’ont jamais vu

notre couleur de peau si pâle, si beige.

 

Je me familiarise

avec mon nouvel environnement.

 

Je rencontre mes colocataires

pour plusieurs jours ;

des enfants qui parlent, crient, courent,

des adultes qui travaillent

ou se reposent à l’ombre.

Bien sûr, je n’oublie pas

les animaux en tout genre ! 

 

Le lendemain matin,

nous créons avec Jocelyne et Gwenaëlle,

les kits naissances.

Je trouve cette idée brillante,

utile qui permet un confort

pour les femmes et leur bébé.

 

Début d’après-midi,

trop impatiente de découvrir le village

dans son ensemble,

je décide d’aller faire une balade

avec notre ami Zale qui me fait le guide.

Je le trouve vite très sympathique,

il m’explique et m’apprend plein de choses

alors qu’il n’y est pas obligé.

 

Tandis que je marche sur les chemins

plein de poussière,

je respire à plein poumon,

ressent la chaleur sur ma peau

et essaye de la garder en moi

pour quand j’aurais trop froid en France.

 

J’ouvre grand les yeux.

Les baobabs s’étirent devant moi

avec parfois des formes très surprenantes.

Très vite mon escorte personnelle

se constitue !

Plusieurs enfants de tous âges

veulent rencontrer l’attraction

que je représente avec ma peau blanche.

Certains me touchent le bras furtivement,

d’autres me serrent la main.

 

Je fais des photos avec eux

et ils sont explosés de rire

en voyant leur visage sur mon portable.

 

 

Je suis touchée par leurs sourires,

par leur insouciance d’enfant.

Même si certains visages,

peut être un peu plus fermés,

montrent la maturité et la force

qu’ils doivent acquérir

pour vivre dans ce village

(longue distance à pied

pour aller à l’école le matin,

travail aux champs l’après-midi…).

 

Je continue de marcher

(avec toujours dix enfants derrière moi !).

Je découvre la mosquée,

le château d’eau,

la place centrale.

 

J’apprends que le village est organisé

en petits quartiers avec plusieurs familles

à l’intérieur de chaque.

 

Avec gêne et pudeur,

je m’immisce dans la vie de ces familles

en allant chez eux.

 

Je suis Zale mais ai-je le droit ?

 

Chez nous pas question de rentrer

chez quelqu’un qu’on ne connait pas sans frapper !

Je sais que là-bas

la conception des choses n’est pas la même

mais je m’interroge quand même.

N’est-ce pas du voyeurisme ?

 

Je reste discrète, souriante.

J’espère que les habitants de Baback

verront dans mes yeux mon envie de partage,

ma bienveillance (même si parfois maladroite).

 

Je vois aussi la pileuse de mil

et sa file d’attente.

Les femmes avec leur bassine remplie de mil

attendent pour payer pour que Moussa le pile.

Cela simplifie le travail des femmes

mais je vois que c’est un dur labeur

pour celui qui utilise la machine.

La pileuse est une action de l’association

très productive permettant

une participation financière du village

et apportant un confort non négligeable.

 

 

L’après-midi,

nos représentants locaux viennent échanger,

préparer la réunion future avec le village,

faire les comptes de l’association.

Je rencontre les deux Adiouma.

Le Directeur de l’école d’une part.

Je l’apprécie tout de suite.

Il semble cultivé, intelligent, moderne

(avec son portable connecté en pleine brousse !).

L’autre Adiouma, me semble différent

mais je ne serais pas dire en quoi.

 

Tout d’eux évoquent les projets

en cours de l’association,

les résultats, leurs besoins

et demande d’aide.

 

J’appréhende la philosophie de l’association.

A savoir, ne pas créer de besoin

mais essayer de répondre aux demandes

et besoins actuels de la population.

Ne pas arriver tel des colons

qui savent mieux

pour modifier foncièrement

les habitudes de vie.

 

L’écoute, la patience

et l’échange de chacun me touche.

 

La réunion du soir

est un peu troublante pour moi.

Quarante-cinq personnes

arrivent petit à petit.

Je suis ravie de voir beaucoup de femmes

et surtout qu’elles aient droit à la parole.

Je suis désolée

mais je n’ai pas trouvé le discours

de certains hommes très constructif,

monopolisant la parole pour faire le point

sur les comptes du village

(par exemple) en langue sérère.

Les problèmes importants

n’ayant pas pu être abordés.

 

 

Par contre,

j’ai trouvé l’intervention de deux femmes

très intéressantes.

L’une remerciait chaleureusement Gwenaëlle

de l’avoir aidé elle et son enfant.

Elle souligne ainsi l’importance

du travail de l’association,

l’intérêt de participer

aux soins prodigués à la case de santé.

Je vois la grandeur de Gwenaëlle

qui a créé Baoback en toute modestie.

 

L’autre femme évoque le projet

de créer un poulailler au village.

Il est cher et contraignant

d’aller acheter ailleurs la volaille.

Avoir un élevage à Baback serait

une source de revenu

et participerait au confort de vie.

 

Nous passons nos soirées

sous les lampes solaires

avec nos représentants locaux

à envisager comment réaliser les projets évoqués.

 

Avec Jocelyne,

nous avons à cœur d’aider notre ami Zale

à travailler sa lecture

et son écriture du français.

Ces moments partagés sont conviviaux.

 

Nous mangeons tous dans le même plat,

les divins repas préparés par l’épouse de Moussa

(le frère d’Adiouma chez qui nous sommes,

la case d’hébergement étant construite

sur ses terres).

 

La nuit,

j’entends les grillons,

les animaux, les enfants.

 

Mon esprit est empli d’images,

de choses diverses.

Un trop plein enivrant m’habite.

 

Ensuite,

les deux jours suivants

se passent essentiellement

à la case de santé pour moi et Gwenaëlle.

Je rencontre Gore

que je trouve un peu distant,

je ne peux échanger avec lui

comme je le voudrais.

 

Par contre,

je parle beaucoup avec Aïssatou.

Elle est agent de santé

en stage depuis six mois à Baback.

Pour être infirmière au Sénégal,

il faut cinq ans d’études après le Bac,

sept sans le Bac.

Moi qui n’ai que trois ans d’études,

je pense que cela doit être dur,

long et laborieux.

Pas de salaire fixe

pour exercer à la case de santé

mais une rémunération

sur les médicaments vendus.

On imagine les dérives possibles.

 

 

Beaucoup de monde se succède

dans la case pour des soins.

Je fais des pansements

et donnent quelques conseils.

Beaucoup d’abcès et de teigne.

J’adore le travail

en collaboration avec Aïssatou,

nous faisons les soins ensemble,

dans le non jugement,

s’interrogeant l’une et l’autre

sur ce qu’il y a de mieux à faire

pour tel ou tel soin.

 

Je lui pose des questions

sur sa vie personnelle

et nous parlons ainsi

de nos vies respectives

quand il n’y a pas de patient.

 

 

 

Une visite à l’école

m’a émue jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

 

 

 

Nous avons évalué

si les enfants du village

avaient connaissance de l’association

et mesuré brièvement leur niveau de français.

 

Quand ils ont chanté pour nous,

la moutarde m’est montée au nez,

comme on dit !

Les frissons sont venus me refroidirent

dans cette atmosphère pourtant si chaude.

 

A l’école primaire,

plusieurs élèves par pupitre,

plus ou moins serrés,

le sol par endroit très défoncé,

beaucoup d’élèves par classe

et pourtant la discipline

et le silence y régnaient.

Absence de certains professeurs

donc l’un deux alterne

entre deux ou trois classes.

 

La case des tout-petits

est un concentré de couleurs

sur ses murs extérieurs,

je la trouve vraiment belle cette case.

A l’extérieur,

c’est l’explosivité des tout petits

et leur joie qui me saisit.

Ici, le silence n’est pas de mise !

Beaucoup de petits yeux

regardent attentivement

l’extraterrestre blanc que je suis !

 

Le vendredi,

Jocelyne nous quitte pour La France.

Nous continuons le séjour à quatre.

 

Le samedi en fin d’après-midi,

Adiouma nous fait l’honneur

de nous emmener faire une balade en calèche.

 

 

Ce fut magique.

Se perdre en pleine brousse,

voir le travail dans les champs

et admirer de majestueux baobabs

aux formes toujours plus surprenantes.

Nous faisons un petit arrêt

et je m’amuse à grimper sur une branche !

 

 

Le coucher de soleil

qui arrive est beau

et fait changer les couleurs.

 

 

Le soleil scintille toujours,

éblouissant mais laissant place

aux ombres de la nuit qui débute.

 

Ce moment est ressourçant, enivrant.

Je ne veux pas qu’il s’arrête.

 

Nous sommes loin de la grisaille française,

loin de notre quotidien souvent stressant … 

 

Le dimanche,

nous quittons Baback avec, pour moi,

un pincement au cœur.

J’aurais pensé être pressée

et contente de partir retrouver

un certain confort

mais il n’en est rien.

J’aurais pu rester plus.

 

Avant de partir,

j’achète un ballon aux enfants

et joue avec eux quelques instants.

 

 

Adiouma me dit

que c’est une bonne idée.

 

Je le prends dans mes bras

pour lui dire au revoir.

Je l’ai beaucoup apprécié

sans savoir vraiment pourquoi

encore une fois.

 

Nous montons en voiture

après avoir remercié et dit au revoir

à tout le monde.

 

Tandis que nous roulons

sur la piste toutes fenêtres ouvertes,

j’essaye de graver en moi les images,

les sons, l’air.

 

Le lundi,

c’est repos au bord de l’eau

sur l’ile de N’gor.

Savourer l’eau rafraichissante de la mer,

somnoler sur un transat

et admirer la côte du village

pour mieux retourner à nos activités ensuite.

 

 

Le lendemain,

nous faisons une très belle visite

du lac rose

où nous rencontrons les Guinéens

qui travaillent dur

dans l’eau rose rempli de sel.

 

 

Ensuite,

nous sommes invités à manger

chez la famille de Nabou,

un fabuleux poulet yassa.

 

 

J’adore leur accueil, leurs sourires.

Le repas est divin

et je bois du bissap (fleur d’hibiscus),

je voulais en gouter depuis un moment.

J’apprécie ce moment mais,

ce jour-là,

étant vraiment épuisée,

je n’ai pas pu échanger avec cette famille

autant que je l’aurais voulu.

 

 

Le mercredi,

veille de notre départ,

nous parcourons les marchés pour faire les achats

pour les différents marchés de noël

de l’association en France.

Je rencontre tous les marchands

avec qui nous travaillons.

Le marchandage est de mise

et le travail mental

de Gwenaëlle et Patrice

est énorme.

Convenir du meilleur prix

pour assurer à chaque fois

une revente avantageuse pour l’association.

 

C’est aussi, pour moi,

l’occasion de découvrir Dakar.

Je trouve magnifique la côte

avec une mosquée gigantesque.

Des kilomètres de bord de mer

avec beaucoup de sportifs.

C’est sublime !

 

Les marchés sont impressionnants aussi.

Un joyeux bazar

où on trouve de tout.

Une fourmilière,

ça grouille de monde

mais bizarrement je ne me sens pas oppressée

comme je l’aurais pensé.

 

Le jeudi,

jour de notre départ,

nous savourons

nos dernières baignades ressourçantes.

 

J’ai été ravie de rencontrer Binta,

la dame qui fait des beignets sur la plage.

 

Mon marchand de paréo sourd et muet.

 

Elhage,

le maçon de la case des tout-petits,

qui garde une maison sur l’ile.

Je l’ai trouvé simple,

attachant avec son sourire qui me semble sincère.

 

Fatima, employée de l’hôtel.

 

Allassane, le patron

qui demande les précieux conseils

de Gwenaëlle et Patrice

pour améliorer ses prestations hôtelières.

 

Le pêcheur

qui part en mer tôt le matin

pour ensuite vendre des poissons frais…

 

Et tous les autres.

 

Tellement de rencontres,

de contacts humains qui me réjouissent.

 

Tout au long de ce voyage,

j’admire la générosité de Gwenaëlle.

En toute simplicité et modestie,

elle vient en aide à chacun.

Elle achète

à beaucoup de marchands différents

pour que tous gagnent leur journée.

Ses valeurs humaines sont impressionnantes.

Elle apporte aide et conseils

sans s’imposer.

Patrice me fait rire

et œuvre aussi beaucoup

pour mettre à bien les projets de l’association.

Je leur suis tellement reconnaissante.

 

Nous terminons ce séjour, le jeudi soir,

par un diner concert

à l’hôtel Novotel de Dakar.

Décalage du luxe de cet hôtel

avec le reste du voyage.

Je suis déjà dans l’émotion du départ.

Je vais devoir quitter

ce pays magnifique

et surtout des personnes

que j’apprécie énormément.

 

Quand la magnifique

et charismatique chanteuse,Kya,

commence son concert,

je n’ai d’yeux que pour elle.

Le son de sa voix

prend possession de mon être.

Des larmes arrivent dans mes yeux

tellement l’émotion est forte.

 

Je serre Patrice et Gwenaëlle

dans mes bras

pour leur témoigner toute mon amitié

et ma reconnaissance,

puis je vais m’envoler pour la France.

 

Même si je serais bien restée,

je me sens bien, ressourcée,

prête à retourner à mon quotidien.

 

Je suis heureuse d’apporter

ma toute petite pierre à cet édifice

que constitue Baoback.

 

J’ai pu mettre de côté

ma vie française

et trouver au Sénégal

et à travers l’association

la force nécessaire

pour affronter le retour

à mon quotidien parfois pesant."

 

Milles et un sourire Sénégalais

m’accompagnent.



Les réactions

Avatar Anaelle Metais

Beaucoup d'émotions à la lecture de ta présentation Gwenaelle.
merci pour les magnifiques photos d'illustrations
milles merci 

Le 11-11-2017 à 02:50:05

Avatar CHRISTELLE METAIS

Magnifique compte-rendu ! Fière de ma fille !

Le 11-11-2017 à 11:03:16

Avatar Monique Roux

Merci de partager avec nous cette riche expérience , bravo Anaelle !
Je sais que tu as repris immédiatement ton travail au C.H. quelle belle énergie ! Bises

Le 12-11-2017 à 09:04:38

Avatar Christine Chartier

Bonjour Anaelle!J'ai lu avec émotion ton récit de ta riche expérience à Baoback.Je revivais avec toi ce que j'ai vécu il y a 4 ans quand je faisais partie d'une expédition.Que d'émotions et de moments riches en émotion.A plaisir de se rencontrer .J'habite à la Ferté bernard.Amicalement Christine

Le 12-11-2017 à 12:51:00

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