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Avril 2015 Écoles à Baback

L’école à Baback

 

par Jocelyne,

membre de l'association BAOBACK

et institutrice à la retraite.

 

 

 

Ce compte rendu est partiel.

Ne pouvant tout observer...

 

Je n’ai porté mon attention

que sur certains aspects de l’enseignement,

notamment,

la langue de l’école :

le Français.

 

 

La Case des tout-petits.

 

 

Construite par l’Association BAOBACK,

Elle a été fonctionnelle

dès la rentrée d’octobre 2013

et a été inaugurée

le 3 mai 2014,

dans sa forme actuelle.

 

 

 

Les parents sont volontaires

pour y mettre les enfants,

puisqu’ils financent l’école,

chaque mois,

pour rémunérer Modou,

un des animateurs,

à l'initiative de la mise en place,

non agent de l'État,

contrairement

au deuxième animateur,

Latyre,

de la Fonction Publique,

et nouvellement arrivé.

 

Effectif : 74 enfants

dont 39 filles

et 35 garçons répartis en 3 sections 

  • Petite section 34 enfants
  • Moyenne section 25
  • Grande section 15 enfants.

 

Depuis mai 2015,

la case a été séparée

par des cloisons de bois

en 3 espaces identifiés

(financées par Baoback).

 

Deux agents gèrent la maternelle:

Modou et Latyre,

d’où la nécessité

de mettre une section en autonomie.

 

 

L’enseignement et les directives

se font en français,

cependant les enfants

ne parlant que Sérère,

la traduction est nécessaire.

 

Elle est systématique

en petite section

et diminue petit à petit,

notamment dans les activités

en petits groupes.

 

 

      

  

                

 

Quand l’agent est en charge

d’une section,

il répartit les enfants

en un ou deux ou trois ateliers

en activité autonome.

 

l’autre collègue

 passe en activité de langage,

de mathématique

ou de graphisme

pour intensifier

la participation des enfants.

 

Dans ce cas, la pédagogie

est très interactive

entre le maître et les enfants

(Chaque enfant répète

les notions en français,

répond individuellement

ou se met en situation avec le maitre)

mais pas de façon transversale

(les enfants entre eux).

 

Pendant les activités autonomes,

les enfants sont calmes.

 

 

 

Apprentissage du langage :

 

Le français est la langue de l’école

mais n’est pas parlé au village

sauf par quelques adultes.

 

Vus les effectifs,

souvent l’apprentissage du français

se fait par répétition

en grand groupe :

répétition et mémorisation des notions,

chansons ou de poèmes.

 

Les récitations en groupe

sont très fréquentes.

La prononciation

est souvent approximative.

 

 

 

Il est donc difficile

de voir si les enfants, individuellement,

comprennent ce qu’ils répètent

et sont capable de les transposer,

d’autant qu’ils ne rencontrent pas

de personnes parlant français

en dehors du maitre

ou des visites de l’association Baoback.

Par contre, les enfants participent,

avec enthousiasme.

 

 

Dans le village,

les apprentissages se font beaucoup

par observation

et transmission orale.

 

Ceci se retrouve à l’école.

Dans ce que j’ai vu,

les maitres utilisent peu les livres

dans les activités de langage.

 

Pour le vocabulaire,

ils dessinent, eux même,

en s’appuyant sur des situations concrètes

vécues au village.

 

J’ai apporté des coquillages de Dakar,

une découverte pour les enfants,

Modou en profite

pour leur expliquer

ce qu’est un coquillage

et où ils vivent.

 

La mer, les grandes étendues d’eau...

que c’est difficile à imaginer

dans ce village ocre et sableux !.

 

Ils serviront, aussi,

pour des manipulations

et classement de formes et de tailles.

 

La classe a un coin lecture confortable,

terminé lors de notre séjour,

mais les livres ne sont pas, encore,

dans une bibliothèque,

à portée des enfants

(prochain projet

de l’association Baoback).

 

Les enfants ne regardent pas

et ne manipulent pas

spontanément les livres.

La transmission se fait

essentiellement par l’oral.

 

Par contre, chaque enfant

en grande section

a son cahier d’exercice de graphisme.

 

 

Vivre ensemble :

Malgré le nombre d’enfants

dans la case des tout-petits

un calme relatif y règne

et les enfants se respectent

et respectent les règles de vie

qui semblent bien intégrées.

 

Ils savent saluer collectivement

en français

et parfois donner individuellement

leur identité.

 

Ils participent tous activement

et ne se disputent pas.

 

Les enfants de la case des tout-petits

ont, aussi, bien assimilé

les notions d’hygiène,

le lavage des mains est fréquent,

notamment, en rentrant en classe.

 

Chaque enfant a,

dans la poche de sa blouse,

un mouchoir ou un tissu

et l’utilise régulièrement.

Initiative Baoback entretenue

par Modou et Latyre.

 

 

Ce qui fait une énorme différence

entre les enfants

de la case des tout-petits

et les enfants du village

qui ne sont pas scolarisés,

mais aussi avec certains élèves

de la classe de CI

(classe d’initiation avant le CP),

qui n’ont pas fréquenté

la classe des tout-petits.

 

Selon les enseignants,

les enfants issus de la case

des tout-petits

ont des résultats

beaucoup plus performants en CI,

par rapport aux nouveaux arrivants.

 

On peut espérer

que la fréquentation de cette case

aura des effets positifs

sur le niveau des enfants en primaire,

notamment en langage,

lecture et compréhension du français

puisque c’est la langue officielle de l’école.

 

 

 

 

L’école primaire.

Ma visite à l’école primaire

a été plus rapide,

en fonction de la présence

ou non des enseignants.

 

Je ne formulerai, donc,

que quelques observations.

 

L’école primaire compte

426 enfants répartis en 7 classes

(il n’y a que 7 enseignants)

ce qui donne des effectifs pléthoriques

dans chaque classe. 

Exemple la classe de CI

compte 96 enfants,

42 garçons et 54 filles,

4 enfants par tables,

alors que c’est la classe préélémentaire.

 

 

 

Les CP près de 100 élèves,

sont répartis en 2 classes.

 

Quel que soit le niveau,

dans chaque classe,

2 fois par semaine,

de 16h à 18h,

les enseignants dédoublent leur classe

pour faire du renforcement.

 

 

 

 

Chaque enseignant s’efforce

de faire passer les élèves

au tableau autant que faire se peut.

Soit pour de la lecture à haute voix

soit pour les activités mathématiques.

 

 

 

 

 

L’enseignement se fait en français.

En CI, il y a,

comme en classe des tout-petits,

beaucoup d’échanges interactifs

maître - élèves,

mais l’’enseignant demande

aussi aux élèves

de poser des questions

en français, à leur camarade.

 

Comme dans chaque classe,

il s’efforce de vérifier chaque ardoise.

 

Je constate que quelques enfants

ont tendance à écrire de droite à gauche

comme en arabe.

Dans ce cas l’enseignant

réexplique individuellement.

 

Dans les autres classes,

du CP au CM,

vus les effectifs pléthoriques,

l’enseignement se fait essentiellement

en face à face

avec des échanges fréquents

entre le maitre et la classe

(Questions-Réponses).

 

Il est difficile

de faire des ateliers

à l’intérieur d’une classe.

 

Le sol et le mobilier,

en très mauvais état,

ne permet pas de bouger facilement.

Il est donc malaisé

de voir l’évolution individuelle

de compréhension du français.

 

Comme il y a

beaucoup de questions collectives,

certains enfants se contentent

d’observer les autres

mais, je ne suis pas sûre

qu’ils comprennent

et quelques-uns « se cachent »

derrière la masse.

 

 

Les enfants sont très réactifs

et participent volontiers collectivement;

beaucoup sont très volontaires

pour répondre aux questions,

du moins dans les petites classes,

mais plus on va vers le CM,

moins les élèves participent.

 

 

En CM2

(classe moins chargée

-30 élèves-

car ils ont l’examen d’entrée en 6ième),

lors de mon passage,

les élèves sont restés passifs.

 

Les élèves,

motivés pour la lecture collective

à haute voix

ou les récitations,

se montrent moins enthousiastes

pour répondre aux questions.

 

Les élèves ne semblent pas très à l’aise.

 

Même dans les grandes classes,

le français n’est pas très fluide.

Et les enfants ne parlent pas

français entre eux;

ils n’osent pas nous parler

en français,

même dans le village,

sauf 2 ou 3 exceptions.

 

Timidité ?

Complexes d’adolescents ?

Place de l’adolescent

par rapport aux adultes ?…

 

 

                      

 

 

 

Les textes d’études

et d’écriture en français,

mathématiques,

connaissance du milieu, histoire,

sont concrets

et font références

à leur vie quotidienne,

aux événements dans le village

ou au Sénégal.

 

 

 

    

  

 

 

 

Chaque enfant

a son livre de lecture

et de mathématiques,

qu’il ramène à la maison,

pour les apprentissages de bases.

 

Cependant,

comme dans la case des tout-petits,

il n’y a aucune bibliothèque

dans les classes

à la disposition des enfants,

même s’il y a beaucoup de livres

dans la réserve.

 

Certains enfants

pourraient peut-être

emprunter un livre supplémentaire,

en plus des livres officiels,

afin de compléter leurs compétences

notamment en lecture

et compréhension.

 

L’école primaire publique de Baback

est sans doute victimes de son succès.

La pression démographique est forte.

Les parents scolarisent

de plus en plus leurs enfants,

même si tous n’y vont pas.

 

Mais les infrastructures

ne suivent pas :

patrimoine immobilier et mobilier,

nomination d’enseignants, formation...

 

 

Lors de sa rencontre à Dakar

avec Gwenaëlle et Patrice,

Me Faye Diouf

Responsable Nationale

des cases de tout-petits,

a promis

que Modou allait bénéficier

en juin - juillet d’une formation

et passer sous statut d’agent de l’état.

 

Le maire de la communauté rurale

de N’Dangalma,

Monsieur Mor N’Gom,

envisage des travaux pour l’école primaire,

notamment

sur la rénovation des sols et mobiliers.

 

L’association Baoback

suivra ces évolutions.

(voir compte rendu sur le site).

 

Si l’accès de l’école

est une condition incontournable

pour l’acquisition des savoirs scolaires

ce n’est pas une condition suffisante.

 

Les élèves vont à l’école

mais faut-il encore avoir des conditions

pour acquérir les connaissances

qui leur permettront

de s’y maintenir et de progresser.

 

 

 

MERCI à JOCELYNE 

pour son analyse de terrain

qui permet de mieux comprendre

le système scolaire

et de mieux cibler

nos interventions pédagogiques 

sur la Case des Tout Petits

et l'école primaire de Baback.



Les réactions

Avatar Chartier Christine

Beau comte rendu .Il y a des choses encore à organiser .Les enfants francais n'imaginent meme pas les conditions de vie de ces enfants qui ne demandent qu'à apprendre.

Le 17-02-2016 à 18:19:53

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